Des idées qui inspirent

www.umalia.ca Printemps / Été 2019 • Volume 4 • Numéro 1 English
Message de la rédactrice en chef : Des baby-boomers au franc parler s'unissent avec les générations X, Y, et Z pour inverser la tendance en faveur de l'engagement sociétal des entreprises
Photo : iStock.com Même la patine scintillante du château de Cendrillon à Walt Disney World à Orlando ne peut occulter le fait que de très grandes sociétés comme la Walt Disney Company subissent des pressions de la part d’actionnaires éclairés afin qu’elles modifient leurs modèles d’affaires.
Photo : Gracieuseté d'Umalia Lucie Bourgeois, présidente-fondatrice d’Umalia.

Si votre nom de famille est Disney – comme Abigail Disney, petite-fille de Roy Oliver Disney, le cofondateur de la Walt Disney Company –, un simple gazouillis mettant au défi les cadres d’entreprises de mener leurs affaires d’une façon plus décente et plus humaine, peut résonner tel un coup de tonnerre planétaire parmi les cadres supérieurs.

Le gazouillis du 21 avril 2019 d’Abigail Disney qualifiait d’« insensé » le salaire net de 65 millions de dollars engrangé en 2018 par le PDG de Disney, Robert Iger, affirmant qu’il représente 1 424 fois le salaire médian de 200 000 employés de Disney. Pour mettre les choses en perspective, un rapport publié par l’American Federation of Labor and Congress of Industrial Organizations a révélé qu’en 2017, les PDG de grandes entreprises américaines faisaient 361 fois plus d’argent que l’employé de la production moyen, comparativement à un rapport de 42 : 1 en 1980 et de 20 : 1 en 1950.

Le gazouillis du 21 avril de Mme Disney menait à un lien vers un forum organisé à New York les 17 et 18 avril par le magazine Fast Company. La discussion de la mi-avril, intitulée Fast Company Impact Council, portait sur le « capitalisme humain » et avait comme panélistes Howard Warren Buffett (un professeur spécialisé en politique publique de l’Université Columbia et le petit-fils de 35 ans du célèbre investisseur Warren Buffett), Lynn Forester de Rothschild, une femme d’affaires américaine qui occupe le poste de PDG de E.L. Rothschild (entreprise dont elle est propriétaire avec son mari, Sir Evelyn Robert de Rothschild, un membre de la famille Rothschild) et Mme Disney.

Les trois panélistes sont des activistes militant pour une plus grande justice au sein du système capitaliste. Mme Disney est une cinéaste indépendante qui plaide en faveur de questions impliquant la responsabilité sociale d’entreprise (RSE). En 2014, Lady de Rothschild a fondé Inclusive Capitalism, une initiative qui œuvre avec des multinationales et des gestionnaires de fonds pour persuader les entreprises d’adopter une perspective à long terme dans leurs rapports avec les employés.

Fast Company a signalé que M. Buffett, l’auteur de Social Value Investing: A Management Framework for Effective Partnerships, avait mentionné au groupe d’experts être optimiste quant aux possibilités que le capitalisme devienne plus inclusif et plus humain après avoir constaté que les plus jeunes générations commencent à tenir les entreprises responsables. À titre d’exemple, un sondage annuel de Deloitte mené auprès de la génération Y a révélé que la majorité est d’avis que le but principal d’une entreprise n’est pas de faire un profit, mais de servir la société. « Ce que je ferais valoir, c’est que leurs enfants et les enfants de leurs enfants partageront probablement ces points de vue, à la différence qu’ils seront amplifiés », a souligné M. Buffett. « Du moins, c’est ce que je souhaite. »

« Dieu n’a pas inventé l’entreprise »

Le gazouillis de Mme Disney – une baby-boomer – trouve un écho auprès de tous les segments démographiques qui ont suivi les enfants privilégiés du baby-boom, soit la génération X, la génération Y et la génération Z – qui sont nés une, deux ou trois générations après Mme Disney. Les raisons sont évidentes :

Il semble s’agir d’une tendance suivie par de plus en plus de jeunes. Le 27 avril 2019, The New York Times a publié un article d’opinion rédigé par l’écrivaine et journaliste Rachel Sherman, auteure d’un ouvrage de 2017 intitulé Uneasy Street: The Anxieties of Affluence, qui est revenu sur le thème de Mme Disney concernant les effets sociaux nuisibles des disparités de ressources entre les riches et les pauvres, invoquant le « nombre croissant de jeunes gens privilégiés » qui remettent en question « la moralité de leurs avantages et les dispositions sociales qui les produisent ».

Photo : SOCIALRESEARCHMATTERS.ORG L’auteure Rachel Sherman affirme que beaucoup d’enfants de la génération Y rejettent l’idée que le but du capitalisme « soit de toujours faire le plus d’argent possible ».

Mme Sherman, 44 ans, qui a interrogé beaucoup de ces enfants pour son livre de 2017, a mentionné qu’ils rejettent l’idée voulant que le but du capitalisme « soit de toujours faire autant d’argent que possible ». À la place, ils évoquent l’idée de « faire valoir le contrôle sur leur argent, en favorisant des investissements socialement responsables (parfois pour des rendements nettement moindres) et en augmentant leur don et celui de leur famille, notamment en faveur d’organismes de justice sociale », a écrit Mme Sherman dans son article du NYT.

Le gazouillis de Mme Disney – une baby-boomer – trouve un écho auprès de tous les segments démographiques qui ont suivi les enfants privilégiés du baby-boom, soit la génération X, la génération Y et la génération Z – qui sont nés une, deux ou trois générations après Mme Disney. Les raisons sont évidentes :

  1. Bien qu’elle ne soit pas impliquée dans la direction de la Walt Disney Company, Mme Disney détient des parts dans l’entreprise grâce à son héritage dont on rapporte qu’il vaut 500 millions de dollars. En conséquence, lorsqu’elle parle de la durabilité comme membre de la classe privilégiée, les gens l’écoutent.
  2. Disney Company est une marque emblématique qui remonte à sa fondation par Walt Disney et son frère aîné Roy (le grand-père de Mme Disney) en 1932. Avec des recettes atteignant 14,31 milliards (américains) au T1 de 2019 et une capitalisation boursière d’environ 171,70 milliards de dollars au printemps 2019, c’est aussi un poids lourd des médias et du divertissement.

C’est pourquoi, une récusation crédible dans les médias sociaux – comme le gazouillis de Mme Disney – qui remet en question une grande société dans l’industrie du divertissement de premier plan, sera toujours jugée intéressante par la presse de grande diffusion.

La mission sociétale augmente les profits

Les commentaires émis publiquement par le capitaliste progressiste Larry Fink, PDG de Blackrock, un gestionnaire de fonds basé à New York dont la fortune est évaluée à 6,3 trillions de dollars, sont tout aussi dignes d’une couverture médiatique. Dans sa lettre annuelle de 2019 aux PDG, M. Fink, 66 ans, a affirmé que la « mission sociétale d’une entreprise n'est pas la recherche exclusive de profits, mais la force vitale pour les atteindre ». Il a ensuite précisé ce qui suit :

Les profits ne sont en aucune façon incompatibles avec la mission [sociétale] – en fait, les profits et la mission sociétale sont intimement liés… Lorsqu’une entreprise comprend réellement et exprime sa mission sociétale, elle fonctionne en tenant compte de l’objectif et de la discipline stratégique qui favorisent la rentabilité à long terme. La mission sociétale unit la direction, les employés et les communautés. Elle encourage le comportement éthique et crée un contrôle essentiel sur les actions qui vont à l’encontre de l’intérêt supérieur des parties prenantes. La mission sociétale guide la culture, fournit un cadre pour la prise de décisions cohérente et, finalement, aide à maintenir des rendements financiers à long terme pour les actionnaires de votre entreprise.

Photo : WIKIMEDIA COMMONS L’investisseur milliardaire Larry Fink, que l’on aperçoit sur une photo de 2010, affirme que les « profits ne sont en aucune façon incompatibles avec la mission [sociétale] – en fait, les profits et la mission sociétale sont intimement liés…. ».

Fait intéressant, la lettre de 2019 de M. Fink aux PDG souligne le rôle de plus en plus important que joue la génération Y pour donner forme au capitalisme occidental, le thème auquel faisait allusion l’article du NYT de Mme Sherman ainsi que son livre, écrit deux ans plus tôt. Dans sa lettre de 2019 aux PDG, M. Fink affirmait ce qui suit quant au rôle joué par la génération Y pour inciter les entreprises à se conscientiser davantage à leurs responsabilités sociales d’entreprise.

Les entreprises qui remplissent leur mission et qui assument leurs responsabilités envers les parties prenantes en récoltent les fruits à long terme. Les entreprises qui les ignorent échouent. Cette dynamique est de plus en plus manifeste alors que le public évalue les entreprises en fonction de normes plus exigeantes. Et elle continuera de s’accélérer alors que la génération Y – qui représente aujourd’hui 35 % de la main-d’œuvre – exprime de nouvelles attentes envers les entreprises auprès desquelles elles travaillent, achètent et investissent.

L’avocat de Chicago Michael Peregrine, dans le cadre d’un article qu’il a écrit pour le numéro du 17 janvier 2019 du magazine Forbes, a affirmé que les entreprises des secteurs public, privé et sans but lucratif dans l’ensemble des secteurs de l’industrie seraient bien avisées de prendre note de la lettre écrite par M. Fink aux PDG en 2019 qui souligne le lien entre le rendement financier et la mission sociétale.

« L’importance accordée à la responsabilité sociale d’entreprise semble obtenir un niveau d’acceptation qui perdure chez de nombreux intervenants et commentateurs », a écrit M. Peregrine. « La RSE demeure un sujet de discussion important du secteur financier et de la politique publique qui pourrait influer sur l’élaboration des futurs recueils de meilleures pratiques de gouvernance. »

RSE : la taille de l’entreprise n’a pas d’importance

Même si une interpellation est nécessaire au sujet de la disparité des revenus et du capitalisme humain de la part de personnalités renommées comme Mme Disney ou M. Fink pour faire la manchette, ceux d’entre nous qui travaillent dans le domaine de l’engagement sociétal des entreprises ont observé que les dirigeants de petites entreprises étaient de plus en plus nombreux dans les dernières années à utiliser leurs ressources d’entreprise pour relever des défis d’ordre social, économique et environnemental au profit de leurs entreprises et de la société.

Photo : WIKIMEDIA Des gens d’affaires en vue comme Abigail Disney, qu’on aperçoit ici en train de prononcer le discours-programme à l’occasion d’un forum de 2012 du U.S. Naval War College au Rhode Island, se joignent à de petits entrepreneurs pour implanter des changements sociaux dans les pratiques des entreprises.

Des gens d’affaires en vue comme Abigail Disney, qu’on aperçoit ici en train de prononcer le discours-programme à l’occasion d’un forum de 2012 du U.S. Naval War College au Rhode Island, se joignent à de petits entrepreneurs pour implanter des changements sociaux dans les pratiques des entreprises.

Dans le présent numéro de Stimulus, nous vous présentons des profils des fondateurs de la génération X de deux entreprises montréalaises : Better Narrative, qui fabrique des manteaux d’hiver à partir de plastique recyclé; et Papillon MDC, qui aide des cadres supérieurs à apporter des changements culturels fondamentaux à leurs organisations mondiales.

Beaucoup de questions complexes doivent être prises en compte par les chefs d’entreprise qui désirent promouvoir l’engagement du secteur privé dans le but de relever des défis d’ordre social, économique et environnemental. À titre d’exemple, qu’entend-on au juste par une mission sociétale? Comment la planification à long terme peut-elle être mise en œuvre au vu de l’incertitude actuelle entourant le vieillissement l’automatisation, les changements climatiques mondiaux et l’insécurité en matière de ressources? Les entreprises devraient-elles s’attaquer aux problèmes sociaux ou promouvoir davantage la capacité réglementaire et la prise de mesures?

Il s’agit là de questions difficiles, mais nous observons autour de nous des exemples d’entreprises qui sont néanmoins allées de l’avant. Elles ont énoncé leur mission sociétale en définissant le terme, elles considèrent que l’incertitude à long terme pose problème et certaines choisissent d’influer directement sur la société, tandis que d’autres décident de militer en faveur d’une réglementation plus rigoureuse pour le compte de la société. Elles poursuivent néanmoins leur engagement sociétal parce qu’elles croient en son importance, et qu’elles la comprennent.

Les entreprises qui font ces choix, même si elles doivent parfois opérer une véritable transformation, en voient les résultats. Le temps, l’engagement, le dévouement et la persévérance sont de mise. Mais tout commence par un geste. Un simple geste. Faites une pause : prenez le temps de réfléchir, puis évaluez et décidez. Allez de l’avant; c’est tout ce que vous devez faire. Renseignez-vous : intéressez-vous à ce qu’il est possible de faire.

Chez Umalia, nous levons notre chapeau à des entreprises telles que Better Narrative et Papillon MDC! Leur réussite nous démontre qu’aucune organisation n’est trop jeune ni trop petite pour poser son premier geste dans le domaine de l’engagement sociétal des entreprises.

Lucie Bourgeois – Rédactrice en chef, Stimulus
Présidente fondatrice d’Umalia

Addenda de la rédactrice en chef : Je suis heureuse d’accueillir le journaliste de carrière Warren Perley à titre de collaborateur au numéro Printemps/Été 2019 de Stimulus. Warren s’est vu confier la mission de rédiger les profils des fondateurs Mayer Vafi de Better Narrative et de Mirella De Civita de Papillon MDC.

Ceux d’entre vous qui veulent en savoir un peu plus sur ce qui l’a conduit à faire carrière en journalisme « dans le bon vieux temps » pourraient apprécier lire la trajectoire inusitée de Warren, qui est passé d’un timide diplômé en arts de l’Université McGill à un journaliste extraverti devant respecter des délais extrêmement serrés tous les jours auprès de quelques-unes des plus grandes sociétés de médias au Canada.

Histoire de réussite d’un client – Mayer Vafi de Better Narrative : un entrepreneur de la génération X en mission
Des années avant la sombre mise en garde émise par les Nations Unies en mai 2019 concernant l’extinction possible d’un million d’espèces en raison de l’activité humaine, Mayer Vafi, un entrepreneur évoluant dans l’industrie du vêtement, a connu son propre moment de « révélation » quant à l’ampleur de la pollution causée par le plastique sur la Terre.

C’était le 22 octobre 2015, et Mayer Vafi, qui se trouvait à Copenhague à l’occasion de la Semaine de la mode, est tombé sur le présentoir de trottoir d’un artiste décrivant notre planète inondée de bouteilles de plastique par une simple question et réponse en gros caractères : « Qui enverra un SOS à l’humanité? Moi je le ferai. »

« C’était la première fois que je constatais combien le problème de la pollution causée par le plastique était grave », indique Mayer, invoquant des statistiques indiquant qu’un million de bouteilles en plastique sont fabriquées toutes les minutes dans le monde, et qu’il faut compter 450 années pour la décomposition d’une seule bouteille en plastique.

Au cours de cette période, il a aussi appris que sa nièce adolescente vivant en Californie donnait de son temps un dimanche sur deux pour nettoyer les plages dans la communauté de sa famille. Il s’est dit que la nouvelle génération « prenait le taureau par les cornes » pour s’attaquer à la pollution, l’amenant à réfléchir à la façon dont il pouvait contribuer.

Mayer Vafi veut faire la différence dans la lutte menée pour sauver notre planète en la protégeant contre les déchets en plastique.

À l’époque, il exerçait les fonctions de directeur de la création et des ventes de vêtements d’extérieur chez Pajar, un fabricant de chaussures de Montréal fondé en 1963 qui s’est ensuite lancé dans les vêtements d’extérieur. Près de deux ans plus tard, en juillet 2017, Mayer a rencontré Michael Eliesen, propriétaire de NTD Apparel, un chef de file canadien dans l’industrie des vêtements de marque sous licence.

L’équipe : Mayer et Michael

Les deux hommes se sont rencontrés pour un café et ont réalisé qu’ils avaient tous les deux le même désir de mettre à contribution leurs relations et ressources d’affaires au profit de la société. Mayer a également appris que depuis 2013, Michael travaillait avec Umalia pour transformer son entreprise prospère en une entreprise axée sur une mission sociétale en intégrant les objectifs sociétaux dans ses objectifs d’entreprise.

Le prochain moment clé de leur relation est survenu après que Michael ait été invité à participer à la célébration du 5e anniversaire d’Umalia à Montréal, avec 24 autres dirigeants d’entreprise évoluant dans différents secteurs. (Une vidéo sur YouTube de ce rassemblement peut être visualisée sur le site Web d’Umalia : www.umalia.ca).

Un des 25 invités de cette soirée du 5 octobre 2017 était l’auteur Neil Gaught (un collègue de Lucie), qui venait tout juste de publier son ouvrage à succès intitulé CORE: How A Single Organizing Idea Can Change Business for Good. L’ouvrage de Neil présente des arguments convaincants voulant que l’entreprise la plus admirée dans le monde produise des avantages économiques et sociaux qui sont durables et qui peuvent unir les gens, favoriser l’innovation, créer de nouveaux gains d’efficacité et attirer l’investissement.

Le lendemain, un Michael débordant d’enthousiasme a partagé la nouvelle avec Mayer concernant le rassemblement stimulant d’Umalia et le nouveau livre de Neil. Une journée a été nécessaire pour que Mayer commande un exemplaire du livre et une journée de plus pour en « approfondir » le contenu, comme il l’a dit.

Mayer affirme maintenant que la célébration du 5e anniversaire d’Umalia en octobre 2017 a « été le fer de lance » du partenariat que lui et Michael – qu’il décrit comme un « entrepreneur en série » – ont établi un an plus tard pour créer une nouvelle entreprise surnommée Better Narrative Inc. Le livre de Neil Gaught a été « le plan directeur et le fondement » de Better Narrative, souligne Mayer.

Le partenariat s’est révélé être une bonne solution, Mayer assurant la direction artistique, le sourçage, la R et D et l’expérience de distribution de vêtements d’extérieur, et Michael fournissant l’infrastructure existante de NTD Apparel, ainsi que la plateforme, la logistique et le financement pour soutenir la nouvelle entreprise. Leur collection de vêtements d’extérieur, appelée Norden, est fabriquée à partir de plastique recyclé. Tous leurs vêtements sont exempts de fourrure, de plumes, de cuir et de sous-produits animaux.

Les vêtements d’extérieur de Norden, fabriqués à partir de plastique recyclé, sont exempts de fourrure, de plumes, de cuir et de sous-produits animaux.

La collection de vêtements, lancée à l’automne 2018, convient à tous les âges, mais répond principalement aux besoins de la génération Y et de ceux nés après eux, soit la génération Z, c’est-à-dire ceux dont la date de naissance se situe entre le milieu des années 1990 et le début des années 2000. En 2015, le magazine Forbes a signalé que la génération Z représentait 25 % de la population américaine, en faisant un segment démographique encore plus dominant que la vague de la génération du baby-boom née dans les vingt années suivant la Deuxième Guerre mondiale.

Mayer est convaincu que ces jeunes consommateurs n’achèteront pas de vêtements fabriqués aux dépens des animaux et de la planète, affirmant qu’ils recherchent des marques éthiques et durables, d’où la signature de son entreprise « Inspirer le changement grâce à des vêtements fabriqués à partir de déchets transformés ». La dénomination sociale Better Narrative s’intègre dans une autre signature : « A Better Narrative for Future Generations ».

Chaque manteau des collections Norden pour hommes et pour femmes est fabriqué avec des bouteilles en plastique recyclées. L’entreprise n’entamant que sa deuxième année d’activité, les vêtements d’extérieur sont néanmoins disponibles dans des points de vente au détail partout au Canada, au Japon, en Allemagne et en Scandinavie, ainsi qu’en ligne.

Le procédé de fabrication consomme 45 % moins d’énergie, 20 % moins d’eau et crée 30 % moins d’émissions de gaz à effet de serre que le procédé de fabrication traditionnel.

Norden privilégie des vêtements de mode fabriqués exclusivement de plastique jetable pour sensibiliser les gens aux produits durables. « Notre philosophie est basée sur la transparence et la traçabilité » précise Mayer, affirmant que Lucie Bourgeois, la présidente d’Umalia, a joué un rôle clé pour clarifier la mission sociétale d’entreprise de Better Narrative ainsi que les étapes nécessaires pour mettre en œuvre le programme.

L’entreprise obtient les matériaux recyclés de ses vêtements d’extérieur auprès de deux grands fabricants américains :

  • Unifi, basé en Caroline du Nord, qui utilise la fibre portant la marque déposée REPREVE(®) – fabriquée à partir de plastique recyclé – pour les vêtements d’extérieur.
  • Polartec, basé au Massachusetts, qui utilise la fibre portant la marque déposée REPREVE(®) pour fabriquer un isolant en polyester recyclé pour les vêtements d’extérieur.

Les vêtements sont conçus à Montréal par Mayer qui, en plus d’être le cofondateur de l’entreprise, exerce aussi les fonctions de directeur de la création – et par Renata Begic, la chargée de projet principale de l’entreprise. L’usine de fabrication est en Chine, où Mayer a un lien d’affaires à long terme avec un propriétaire d’usine. La confiance, le prix des marchandises et l’extensibilité étaient quelques-uns des facteurs pour organiser la production en Chine.

À l’hiver 2019, les collections pour hommes et pour femmes de Norden seront disponibles auprès de plusieurs détaillants du Québec, notamment Maison Simon, Sail, Sports Experts, Atmosphère et Néon, ainsi que partout au Canada chez HBC. Les acheteurs au Japon, en Allemagne et en Scandinavie seront aussi en mesure d’acheter les vêtements de Norden dans les points de vente de ces pays.

Comme il convient dans le cas d’une entreprise « axée sur la mission sociétale », Mayer croit que l’orientation stratégique de l’entreprise doit comprendre d’« éduquer les masses concernant les effets du plastique », ce qui, par ricochet, aidera à stimuler les ventes. Il mentionne que la raison d’être de l’entreprise consiste à « changer la façon dont les vêtements sont fabriqués ».

Conformément à ses objectifs de durabilité écologique, le site Web de Norden a une fenêtre contextuelle qui énonce ce qui suit : « Engagez-vous à réduire votre consommation de plastique : en vous abonnant au moyen de votre courriel, vous recevrez une remise de 10 % sur votre première commande de Norden. »

Vivre l’expérience de l’immigrant

Le traumatisme d’avoir vu sa famille fuir la Révolution iranienne à un très jeune âge explique peut-être pourquoi Mayer est plus sensible à la fragilité de l’ordre mondial et à son environnement. Il est né peu après la prise du pouvoir par l’Ayatollah Ruhollah Khomeini en Iran en février 1979.

Mayer Vafi mentionne que la meilleure partie de sa journée est le trajet en voiture de 20 minutes vers l’école de son fils Aiden Joseph qu’il fait tous les matins de la semaine, et dont il profite pour renforcer son lien avec lui.

Le père de Mayer occupait un poste de direction supérieure où il assurait la gestion du port pétrolier de Bandar Abbas sur la côte méridionale longeant le golfe Persique, ce qui lui a donné les moyens financiers de profiter de ses vacances de 1983 en Turquie pour préparer la première partie de son évasion de l’Iran. La famille a vécu dans un hôtel de la Turquie pendant près de trois ans, pendant que leur demande d’immigration au Canada était traitée. Ils sont finalement arrivés à Montréal en 1986 – le père, la mère, Mayer et sa sœur Nasime, de trois ans son aînée. Jasmine, sa sœur plus jeune de 13 ans, est née à Montréal.

Mayer a commencé sa première année à Montréal, parlant le farsi, le turc et le français. Son père, reconnaissant le désir insatiable de son fils d’acquérir de nouvelles connaissances, lui a donné comme devoir de lire un dictionnaire pour apprendre l’anglais, qui est devenu sa quatrième langue. Il semble que les longues heures soient un préalable pour ceux qui veulent apprendre leur vie durant.

Les journées de travail de Mayer commencent à 5 h du matin par 90 minutes de solitude, qu’il met à profit pour lire ou faire de l’exercice. C’est néanmoins la période qu’il passe chaque matin avec son fils de 7 ans, Aiden Joseph, qu’il chérit le plus, disant qu’ils aiment « danser, chanter et s’amuser ». Leur trajet quotidien en voiture de 20 minutes vers l’école est « la plus belle partie de ma journée », renchérit-il.

Lorsqu’on l’interroge sur le défi d’atteindre un équilibre travail-vie personnelle, Mayer mentionne que le fait d’être engagé envers une entreprise comme Better Narrative grâce à une « seule idée maîtresse » – à la Neil Gaught – lui permet de « vivre en harmonie » de façon claire et déterminée.

Americana 2019 Perspectives pour lutter contre les changements climatiques : Conscientiser, mobiliser les intervenants, s’adapter continuellement
Photo : ECOMESURE.COM Une discussion en groupe découlant de la troisième et dernière journée du forum environnemental Americana et du salon international organisé à Montréal du 26 au 28 mars 2019.

Lucie Bourgeois, présidente et fondatrice d’Umalia, a été invitée à s’adresser aux délégués ayant participé Americana 2019, le forum environnemental et salon international de trois jours organisé en mars dernier au Palais des congrès de Montréal. Le discours de Lucie intitulé Climat’Eau : Lutter contre les effets des changements climatiques grâce à un partenariat systémique multisectoriel approfondissait les leçons qu’elle et les partenaires d’Umalia ont tirées en cherchant à améliorer la résilience des populations face aux changements climatiques à la communauté de Sô-Ava au Bénin au cours des dernières années. Un résumé par points de son discours est fourni ci-après aux quelque 10 000 délégués ayant participé à Americana 2019.

  • Il existe une impérieuse nécessité d’impliquer la communauté et la population d’origine dès le début, notamment lors de la conception du projet. Assurez-vous de l’urgence de s’attaquer aux problèmes, en veillant à ce que les agents de changement dans la communauté reconnaissent le besoin de les régler et comprennent les « scénarios hypothétiques » de ne rien faire.
  • En essayant de sensibiliser davantage aux changements climatiques, essayez de garder vos explications très concrètes. Misez sur des chefs traditionnels éclairés dans la communauté qui peuvent établir une relation pour certains des « scénarios hypothétiques » avec le passé. Réfléchissez au vocabulaire à utiliser – beaucoup des termes que nous employons pour parler des changements climatiques n’existent pas dans les langues endogènes. Impliquez la communauté pour trouver des façons d’expliquer les changements climatiques avec des mots et des histoires tirés directement de la communauté.
  • Les changements climatiques sont un enjeu tellement vaste et complexe qu’ils ne peuvent pas être réglés seulement localement ni avec un seul intervenant. D’où l’ultime nécessité de mobiliser l’écosystème complet, depuis les intervenants locaux et nationaux, en passant par la population à la base, la société civile, les autorités gouvernementales, les organismes de recherche, le secteur privé, le monde universitaire, etc. La collaboration multisectorielle est essentielle et doit être facilitée conjointement pour assurer la prise en charge, la participation et la mobilisation. Par conséquent, le calendrier et les priorités de chacun de ces intervenants essentiels doivent être pris en considération lors de l’élaboration de plans.
  • Pour sensibiliser davantage aux changements climatiques, trouvez des connaissances et pratiques endogènes qui peuvent être optimisées pour lutter ou s’adapter. Trouvez des exemples concrets – lorsque la communauté s’est adaptée à une menace dans son environnement – pour établir des parallèles avec le passé, rappeler aux gens des réussites ancestrales qui peuvent favoriser la mobilisation et les amener à croire à son succès possible.
  • S’adapter continuellement tout au long du projet. Écoutez ce qu’ont à dire les intervenants, essayez d’intégrer les meilleures façons d’impliquer les gens et mesurez les résultats. Propagez les victoires tout en documentant les avantages prévus et non prévus du partenariat.

Au fil de l’évolution du projet, Umalia et toute l’équipe de Climat’Eau suivront les leçons retenues et seront heureux de les partager avec des particuliers ou des groupes intéressés à établir des partenariats systémiques multisectoriels.

Principaux conseils en matière de RSE : Vous avez de la difficulté à obtenir un appui pour les initiatives d’engagement sociétal? Impliquez votre équipe de cadres supérieurs en établissant le bien-fondé de l’engagement sociétal!

Un de nos clients nous a confié récemment que son programme d’engagement sociétal d’entreprise ne procure pas les résultats escomptés. Ses employés étaient très favorables au projet lors de sa mise en place parce qu’ils reconnaissaient qu’il représentait bien la culture de l’entreprise.

Mais lors d’une période d’expansion rapide, l’entreprise ne s’était pas assurée que les programmes d’orientation pour les nouveaux employés mettaient aussi l’accent sur cette culture et ce programme d’engagement sociétal. Par conséquent, les nouveaux dirigeants et employés ne s’y intéressaient pas comme avant et leur programme n’était plus intégré dans l’entreprise.

La solution, que nous préconisons et concevons dès le départ, consiste à institutionnaliser la culture et les initiatives au-delà des individus eux-mêmes. Il est nécessaire de veiller à ce que les dirigeants dans l’organisation comprennent le véritable dossier de décision pour l’engagement sociétal des entreprises. Obtenir l’approbation, le soutien et l’aide des gestionnaires pour comprendre l’importance d’investir dans le projet est essentiel pour assurer un impact durable. Constituez une preuve en soulignant ce qui suit :

  • La hausse des recettes des entreprises dirigées par une mission sociétale est de 10 fois supérieure à celle de l’indice S&P 500 (1996 -2011).
  • Les marques qui sont associées à un impact sociétal observent un taux de rendement financier de 133 %.
  • 89 % des clients sont d’avis que les entreprises dirigées par une mission sociétale fournissent de meilleurs produits et services.
  • 72 % des clients recommanderaient une entreprise ayant une mission sociétale.1

En outre, les sondages menés dans le passé ont révélé une baisse de l’absentéisme, du roulement et du vol tout en indiquant une hausse de la productivité et de la satisfaction des clients lorsque les employés travaillent dans une entreprise soucieuse de la société et de l’environnement.

De surcroît, n’oubliez pas qu’un programme n’est pas suffisant en soi pour assurer la réussite. Il doit être intégré dans la stratégie d’affaires et institutionnalisé au moyen de la pratique quotidienne, de la culture et des programmes de ressources humaines.

Établissez le bien-fondé de l’engagement sociétal des entreprises. Élaborez et maintenez vos initiatives socialement responsables et récoltez-en les fruits. L’équipe d’Umalia sera heureuse de vous aider tout au long du processus.

EN VEDETTE
Le point sur le projet Climat’Eau au Bénin : Progresser sur tous les fronts, y compris le traitement de l’eau!
Une affiche conçue par une artiste du Bénin illustre les principaux messages du programme de sensibilisation Climat’Eau visant à ne pas polluer la rivière et à adopter des comportements respectueux de l’environnement.

Nos lecteurs se réjouiront d’apprendre que le projet Climat’Eau au Bénin a grandement progressé depuis notre dernier numéro de Stimulus! Voici un survol rapide des quatre piliers du partenariat (piliers en bleu). Notre programme de sensibilisation et de mobilisation a pris de l’ampleur et est maintenant déployé dans toute la communauté au profit de 120 000 personnes. Plusieurs initiatives différentes ont été organisées, allant de séances de sensibilisation, de courts-métrages et de présentations en plein air en passant par des émissions de radio communautaire, l’installation d’affiches et l’établissement d’un comité de lutte contre les changements climatiques composé de bénévoles dans chaque village.

Le système de traitement de l’eau de Technologies Ecofixe a été installé dans deux villages et une troisième installation a débuté en mai 2019. La technologie a d’abord été transportée depuis le Canada et est maintenant adaptée aux conditions locales. L’infrastructure est construite exclusivement par des membres de la communauté. Un comité dans chaque village, formé par Technologies Ecofixe, est responsable d’entretenir le système. En décembre 2018, six mois après l’installation du premier système, les membres du comité local ont été chaudement félicités pour le travail effectué depuis l’installation. Ils servent maintenant de mentors pour les prochains comités d’entretien dans d’autres villages.

Un groupe de femmes participent à une séance de sensibilisation et de mobilisation à Ahomey Gblon afin de conscientiser la population aux changements climatiques et de recueillir leurs idées concernant les mesures de changement possibles.
Technologies Ecofixe, une entreprise établie au Québec, enseigne au comité d’entretien à Ahomey Lokpo comment prendre soin du système de traitement de l’eau, notamment l’entretien hebdomadaire et les petits travaux de réparation.

En ce qui a trait à la recherche liée à la gouvernance axée sur la collaboration de l’Université Laval, tous les instruments et méthodes ont été établis. Le comité de déontologie de l’Université a approuvé le projet – un critère pour tous les projets de doctorat – et la recherche a maintenant commencé. Les entrevues ont débuté et l’équipe de recherche s’occupera de leur méthodologie au cours des 18 prochains mois.

Enfin, pour ce qui est d’explorer un écosystème d’affaires écologique dans le domaine du traitement de l’eau (abordant la gestion des déchets et la réutilisation de l’eau dans l’agriculture), un premier forum auquel ont assisté 35 participants provenant de 15 organismes a eu lieu en décembre 2018, tandis qu’un deuxième forum a été organisé en mai 2019, lequel comprenait plus de 55 participants et 25 organisations. Ils représentaient la société civile, des représentants élus locaux, des centres de recherche, des laboratoires de traitement de l’eau, le ministère de l’Agriculture et le secteur privé.

Les participants ont appris beaucoup de choses concernant la mise en place d’un tel écosystème, tout en explorant leurs motivations, leurs rôles éventuels et les avantages de participer à une telle initiative. La rétroaction émanant de la réunion d’une journée complète a été très positive, celle des participants et de Gaston Cossi Dossouhoui, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et des Pêches, qui a notamment affirmé ce qui suit :

  • Sô-Ava est devenue un creuset d’innovation qui aura un impact sur le Ministère, le pays et le continent.
  • Climat’Eau est un laboratoire de recherche et la naissance d’un solide point de communication continue.
  • Climat’Eau sert de « levier local » dans la lutte contre les changements climatiques grâce à la gouvernance axée sur la collaboration des parties participant à une initiative de mobilisation complémentaire.
  • Tous les participants semblent prêts à s’assurer que des réunions de cette nature se poursuivent tout au long du projet.

Note : Le projet Climat’Eau est réalisé grâce à la participation financière du gouvernement du Québec, dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, financé par le Fonds vert.

Pleins feux sur Papillon MDC et Mirella De Civita Nul besoin d’être une grande entreprise pour rayonner en affaires : en voici la preuve

« Ce n’est pas personnel, c’est juste les affaires » est une phrase inventée au début du XXe siècle par Otto « Abbadabba » Berman, un comptable prodige du monde interlope américain, qui a par la suite été dépeint comme un truand de New York dans une nouvelle rédigée à l’époque de la Grande Dépression intitulée Little Miss Marker, écrite par le journaliste Damon Runyon. 

Berman n’a pas survécu au massacre de la pègre du 23 octobre 1935 survenu dans une taverne de Newark, mais son trope s’en est mieux tiré, devenant une expression de longue date du caractère impitoyable généralement accepté comme critère de réussite dans le monde des affaires du XXe siècle.

Mais il y a maintenant une nouvelle génération de leaders animés par une mission sociétale qui pensent que les valeurs personnelles doivent être reflétées dans la culture d’entreprise des sociétés couronnées de succès. Des entrepreneurs comme Mirella De Civita, une psychologue agréée de Montréal, également coach accréditée, chercheuse et conférencière spécialiste de la motivation, qui travaille avec des cadres supérieurs partout dans le monde, les aidant à devenir les dirigeants qu’ils veulent être alors qu’ils transforment la culture de leur entreprise en une culture qui favorise l’engagement sociétal.

Mirella De Civita, une psychologue agréée du Québec possédant aussi la certification Master Corporate Executive Coach, a fondé Papillon MDC dans le but d’aider à résoudre les problèmes sociaux d’inégalité.

Lucie Bourgeois, la présidente d’Umalia, qui a travaillé à plusieurs reprises avec Mirella à des projets d’engagement sociétal d’entreprise dans le monde, la qualifie de « meilleure coach sur le marché et dans le monde, point final ». Les femmes se sont rencontrées aux alentours de 2007 alors que Lucie était à la tête de la fonction de ressources humaines du fournisseur de services pharmaceutiques IMS Brogan et que Mirella occupait les postes de coach et de spécialiste du développement du leadership chez Knightsbridge Human Capital Solutions.

À l’époque, Lucie a confié à Mirella un mandat visant à réaliser des évaluations psychométriques des cadres de IMS Brogan dans le cadre de leur programme de développement du leadership, ce qui a donné naissance à une relation personnelle et professionnelle étroite et mutuellement avantageuse.

Quelques années plus tard, en 2010, Mirella quittait Knightsbridge pour fonder Papillon MDC qui arbore un logo de papillon bleu et un titre d’appel immédiatement identifiable intitulé « Se transformer et prendre son envol! ». Dès le début, Umalia fournissait des services de consultation, aidant Papillon MDC à élaborer son propre programme sociétal d’entreprise.

Les femmes ont de nouveau collaboré un peu avant que Lucie quitte IMS Brogan en 2011 pour fonder Umalia, dont la mission consiste à aider les entreprises à mettre en œuvre des stratégies et des programmes qui produisent un impact sociétal durable tout en améliorant le rendement de leur organisation respective. Cette fois-là, c’est Lucie qui a retenu les services de Mirella pour l’encadrer personnellement afin qu’elle trouve la meilleure façon de se tailler une « carrière ayant un sens » après avoir quitté IMS Brogan. Par suite de cette collaboration, celle-ci a été en mesure de faire la transition d’une carrière au sein d’une multinationale comme IMS Brogan (maintenant appelée IQVIA) à celle où elle devenait entrepreneure possédant sa propre entreprise dénommée Umalia. « Elle [Mirella] a eu une énorme influence pour moi », a mentionné celle-ci à une collègue qui connaît les deux femmes.

Travaillant ensemble depuis 2012, leurs deux entreprises ont établi un partenariat stratégique au sein duquel Papillon MDC aide les dirigeants ouverts au changement organisationnel, alors qu’Umalia collabore avec ces entreprises pour élaborer les stratégies, les programmes et les partenariats nécessaires pour mettre en œuvre l’engagement sociétal d’entreprise.

« Nous travaillons main dans la main lorsque nous avons des clients qui apprécient nos valeurs communes et notre approche visant à faire la différence dans le monde », affirme Lucie. Ensemble, elles ont fait don de centaines d’heures de travail bénévole au profit de projets dans les pays en développement, comme la construction d’une école à Sô-Ava, au Bénin.

En associant la pleine conscience et des techniques axées sur la recherche de solutions, Mirella met à contribution sa formation de psychologue clinique pour aider ses clients à réaliser qu’ils possèdent les compétences intérieures nécessaires pour s’engager dans le changement transformationnel d’entreprise. Elle tient non seulement compte de ce que disent ses clients (leurs histoires de vie, comme elle dit), mais aussi de ce qu’ils ne disent pas (ce qu’elle décrit comme étant les « causes profondes de leurs problèmes »), soit leurs opinions et préjugés intérieurs.

« Lorsque je rencontre un client, je lui pose la question suivante : ‘Qu’espérez-vous atteindre?’ », mentionne Mirella. « Je n’essaie pas de régler tous les problèmes. Ce sont eux les experts, pas moi. Je ne porte pas de jugement lorsque j’écoute mes clients en cherchant à en savoir plus et à apprendre. » Chemin faisant, elle les aide à établir ce qui est « fondamentalement important » pour leur réussite à long terme et ce qui est « immédiatement important » pour leur survie à court terme.

Ce qui est « fondamentalement important » à long terme permet aux chefs d’entreprise de surmonter les défis à court terme « immédiatement importants » qui pourraient empêcher leur transition vers une culture d’entreprise qui soutient l’engagement sociétal.

Ses clients ne devraient pas s’étonner du fait que Mirella est une adepte de la psychologie analytique de Jung qui souligne la puissance de l’inconscient pour aider à équilibrer la conscience de soi et à renforcer leur pleine conscience et leur capacité à tisser des liens avec le monde extérieur. Malgré son horaire occupé, Mirella garde encore sa pratique clinique privée.

Bien que les semaines de travail puissent parfois être éreintantes, Mirella s’efforce de conserver un équilibre travail-vie, ce qui comprend des repas cuisinés pris en famille avec son mari Max, sa fille Sarah-Nicole de 15 ans et leurs deux bergers allemands adorés, Xena et Dante. Pour l’aider à maintenir son équilibre, elle pratique le yoga et la méditation tous les jours.

L’humour est un autre aspect de sa vie personnelle que Mirella essaie d’intégrer dans son travail, comme en témoigne la plateforme d’apprentissage en ligne de Papillon MDC avec sa vidéo sur YouTube qui comporte une introduction par un personnage animé aux yeux bleus du nom de Sara qui souligne que l’humour est la ressource la plus importante pour favoriser l’apprentissage et améliorer la fonction mentale, la mémoire, la créativité et la résolution de problèmes.

Valeurs familiales de l’ancien monde

Ayant grandi dans une famille d’immigrants italiens de la classe moyenne dans la Petite Italie, Mirella se rappelle les joies des réunions de famille où abondaient les éclats de rire et les plaisirs simples, comme les sorties organisées durant les fins de semaine lorsque son père Mario amenait les enfants du quartier prendre une crème glacée, ou à La Ronde ou au parc Belmont.

En fait, c’était sans doute sa capacité de rire et d’apprécier ces simples plaisirs de la vie qui ont aidé la famille de Mirella à surmonter l’indicible tragédie de la mort de son frère Walter, tué par une voiture alors qu’il faisait du vélo en août 1989.

L’humour a toujours aidé Mirella et sa famille à affronter les tragédies personnelles. Sur la photo, nous apercevons le père de Mirella, qui fait le clown autour de Sarah-Nicole, la fille de Mirella, deux jours avant qu’il ne meure subitement en octobre 2018.

Le décès de son frère a changé la trajectoire de vie de Mirella. N’ayant que 18 ans à l’époque, elle est restée à Montréal, malgré son rêve de voir le monde, afin de soutenir ses parents endeuillés. Cette tragédie a aussi influé sur sa décision d’avoir une carrière – et de fonder ultimement Papillon MDC – qui lui permettrait d’améliorer les maux de la société.

Pour trouver sa paix intérieure, Mirella s’est lancée dans la lecture et consacrée à l’étude de la psychopathologie développementale, obtenant éventuellement son doctorat à l’Université de Montréal et une bourse de recherche postdoctorale en médecine comportementale auprès de l’Université McGill. Aujourd’hui, elle met à contribution sa formation en psychologie et sa mentalité zen au profit des clients de PME partout dans le monde avec l’aide de son équipe diversifiée et dévouée chez Papillon MDC.

[En 2015, pour compléter les services assurés par Papillon MDC, Mirella a fondé Grand Héron International, un fournisseur de services en ligne dans les secteurs du coaching individuel et organisationnel, de services de consultation en matière d’orientation en santé mentale et de webinaires axés sur la maîtrise du coaching.]

Lorsqu’on lui a demandé si les petites entreprises ont un rôle à jouer pour accroître l’investissement du monde des affaires dans l’engagement sociétal des entreprises, Mirella mentionne qu’on serait surpris d’apprendre que ce sont souvent les « petits moteurs » qui ont le plus grand impact étant donné qu’ils sont plus agiles et ont des « communications plus gérables », ce qui veut dire moins de bureaucratie et donc une affectation plus rapide des ressources.

« Faites en sorte d’aligner votre entreprise sur ce qui est fondamentalement important, même en présence de défis, et vous verrez que de bonnes choses peuvent arriver », conclut-elle en référence au rôle d’entreprises axées sur une mission sociétale qui sont capables d’apporter une contribution importante pour relever des défis d’ordre social, économique et environnemental.

Sondage auprès des clients Message aux clients qui ont contribué à l’évolution d’Umalia

Sept ans suivant son lancement, Umalia a passé du temps à l’automne 2018 à communiquer avec ses anciens clients et collègues afin d’obtenir leur rétroaction sur le genre d’impact à long terme que nos stratégies, programmes et partenariats ont eu. Merci à tous ceux et celles qui y ont répondu. Nous apprécions énormément les points de vue qui nous ont été communiqués et qui nous permettent de poursuivre notre quête d’établir des stratégies et des partenariats productifs avec des organisations qui désirent être une force du bien dans la société.

Umalia dans les nouvelles! Un partenariat multisectoriel nettoie les eaux usées au Maroc
La présidente d’Umalia Lucie Bourgeois (rangée avant, à l’extrême gauche) en compagnie de ses partenaires internationaux multisectoriels à l’occasion du lancement de mars 2019 d’un projet de traitement des eaux usées au Maroc.

Pour s’attaquer à une grave pénurie d’eau au Maroc causée par les changements climatiques, Umalia collabore à un partenariat multisectoriel dirigé par Technologies Ecofixe, une entreprise québécoise qui traitera biologiquement les eaux usées à Ain Taoujdate, tout en sensibilisant les agriculteurs locaux aux changements climatiques.

Le projet a été lancé officiellement en février 2019 au bureau du maire à Ain Taoujdate à proximité de la ville marocaine de Fes située dans le nord-ouest, et reconnue comme étant la capitale culturelle du pays. Une cérémonie a aussi été organisée à l’ambassade canadienne à Rabat, au Maroc, qui longe l’océan Atlantique et qui est située à quelque 207 km à l’ouest de Fes.

Pour assurer sa durabilité, le projet met aussi l’accent sur la sensibilisation de plusieurs parties prenantes, notamment des agriculteurs dans la région, ainsi que des autorités locales, des associations et des organismes sans but lucratif.

Dans le cadre de ce projet, Umalia s’occupe de la consultation et du soutien pour établir des partenariats, ainsi que de la sensibilisation et un dialogue parmi les parties concernées. Au nombre des autres partenaires du Maroc, citons l’Office National de l’Eau et de l’Électricité; l’Université Mohammed V; Sibyam Conseils; et Anzar Conseils. Les partenaires du projet canadien sont Groupe Ageco et AIF.

Il s’agit de la deuxième collaboration d’Umalia avec Technologies Ecofixe. (Voir l’article En vedette concernant le projet Climat’eau au Bénin.)


On casse la croûte pour discuter de l’engagement sociétal des entreprises

Une quinzaine de PDG et de cadres se sont rencontrés dans le cadre d’un petit déjeuner à Québec en novembre 2018 pour discuter de l’engagement sociétal des entreprises. La réunion de travail rassemblait des représentants de différentes industries évoluant dans les domaines de l’électronique, des finances et des biens de consommation, ainsi que des fournisseurs de services, entre autres.

Les participants ont largement reconnu que les entreprises doivent en faire plus pour accroître leur engagement, mais tous ont avoué qu’il n’est pas toujours facile de concilier cela avec les activités opérationnelles. On s’entendait pour dire que les valeurs fondamentales de l’entreprise sont le point de départ, ainsi que la reconnaissance que nous avons un rôle à jouer dans la société et que nous devons mieux comprendre notre finalité : que le monde des affaires peut s’avérer être une force du bien dans la société.

Le petit déjeuner-réunion a été organisé par la présidente d’Umalia Lucie Bourgeois, le PDG de Village Monde Charles Mony et le PDG d’Optel Louis Roy, qui ont prédit qu’« au fur et à mesure qu’un plus grand nombre d’organisations se joindront au mouvement, la durabilité sera plus facile à atteindre ».

Le Programme Bolo offre des récompenses importantes pour appréhender les criminels les plus recherchés au Canada

Le Programme Bolo est une initiative en sécurité publique qui mise sur les réseaux sociaux et les technologies pour aider les policiers à appréhender les suspects les plus recherchés au Canada. Le Programme mène des campagnes d’amplification d’avis de recherche prioritaires afin d’encourager les citoyens à garder l’œil ouvert (Be on the Lookout) et offre d’importantes récompenses afin d’encourager les signalements aux autorités.

Umalia est fière d’avoir contribué à la création du Programme Bolo, et nous félicitons toute l’équipe pour ce 9e lancement.

Apprenez-en plus au www.programmebolo.org

Pourquoi tout ce brouhaha autour du capitalisme progressiste? Tout part du niveau local!
La construction d’une nouvelle école au Bénin surnommée Sainte-Anne-du-Lac est un exemple concret d’un partenariat communautaire, international et multisectoriel produisant des résultats positifs au chapitre de la durabilité, de la responsabilité communautaire et de l’entrepreneuriat.

Ces jours-ci, les capitalistes progressistes évoquent de plus en plus leurs idéaux pour ceux qui sont au pouvoir et qui possèdent les ressources d’investir certains de leurs actifs pour aider à créer un monde plus égalitaire. Plusieurs termes servent à caractériser ce mouvement : « capitalisme conscient »; « partenariats axés sur des valeurs partagées »; « engagement sociétal des entreprises »; « responsabilité sociale d’entreprise (RSE) », etc.

Chez Umalia, nous croyons que la façon la plus simple d’expliquer le sens de ces termes consiste à donner un exemple concret d’un de nos projets à Sô-Ava pour illustrer ce qu’il est possible de réaliser lorsque des centaines de bénévoles des deux pays – le Canada et le Bénin – collaborent au profit de l’éducation dans ce pays.

Umalia est fière d’avoir eu la possibilité de servir de catalyseur en établissant des partenariats avec – et en assurant la coordination des efforts – des personnes issues du secteur privé, des gouvernements et des organismes sans but lucratif en aidant à construire une triade de l’éducation à Sô-Ava consistant en une bibliothèque, un centre de jeux et maintenant une école primaire.

L’école, surnommée Sainte-Anne-Du-Lac, mettra l’accent sur la durabilité, la responsabilité communautaire et l’entrepreneuriat. L’école comprenant une salle de classe a ouvert ses portes en octobre 2018 et a pu accueillir 25 enfants qui, nous l’espérons, deviendront eux-mêmes des agents de changement dans la communauté.

D’abord une initiative citoyenne personnelle pour Umalia, celle-ci a pris de l’expansion pour inclure deux autres entreprises canadiennes : NTD Apparel et Papillon MDC. L’initiative poursuit son essor avec l’appui de quatre organismes sans but lucratif canadiens : La Fondation Léger, Idée éducation entrepreneuriale, le Collège Sainte-Anne de Lachine et Vues d’Afrique – Festival international de cinéma.

La phase 2 du projet de Sainte-Anne-Du-Lac est la construction d’une deuxième salle de classe qui devrait ouvrir ses portes en 2019. Avec l’aide de plus de 25 bénévoles et de huit organisations issues de tous les secteurs, un encan silencieux organisé à l’occasion du 35e Festival international de cinéma le 10 avril 2019 a permis d’amasser 13 600 $ des 15 000 $ exigés pour la construction de la deuxième salle de classe. Le reste provient de dons, et tous les profits sont versés directement à l’école.

La soirée du 10 avril comprenait le visionnement d’un court-métrage produit par Olivier Côté, alors âgé de 16 ans, un des cinq étudiants ayant participé au projet de construction d’une bibliothèque au Bénin en 2014. Un autre excellent rappel du pouvoir de la mobilisation!

Pour en savoir plus à propos du projet, nous vous invitons à consulter le site suivant : www.sainteannedulac.org ou www.facebook.com/ecolecommunautairesainteeannedulac/.